« Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. » : de la nécessité d’instituer en Afrique

14–21 minutes
Sylvestre Bakhoum
(responsable du comité politique et institutionnel du Cercle Sematawy)

« L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. » Cette phrase de Barack Obama, prononcée lors de son discours de juillet 2009 à Accra, résonne encore 17 ans plus tard dans les réalités africaines. Elle a fait l’objet de nombreux développements, de plateaux de télévision, de débats et de productions académiques. Force est de constater que cette rhétorique se matérialise dans les épisodes les plus récents de coups d’État. En juillet 2023, le président nigérien Mohamed Bazoum est séquestré par la garde présidentielle dans le cadre d’un coup d’État orchestré en raison de la « dégradation continue de la situation sécuritaire, [et de] la mauvaise gouvernance économique et sociale ». Quelques mois plus tard, au Sénégal, le président Macky Sall décide du report de l’élection présidentielle de février 2024 à quelques semaines du scrutin. Le projet de report validé par une Assemblée nationale acquise à sa cause, sera jugé invalide par le Conseil constitutionnel. Le contraste entre ces deux cas illustre à quel point des institutions (in)cohérentes dans leur fonctionnement et leur enracinement peuvent servir de garde-fou (ou pas) au sein des sociétés pour lesquelles elles existent.

Associated Press. Photographie d’illustration. Niger junta gains upper hand over ECOWAS military threats: Analysts, Daily Sabah, 13 août 2023. http://www.dailysabah.com/world/africa/niger-junta-gains-upper-hand-over-ecowas-military-threats-analysts

Ainsi, depuis le fameux discours d’Accra, la rhétorique et l’empirisme nous confirment que la nécessité se trouve dans des institutions plus fortes. Toutefois, le positionnement de cet article cherche à dépasser ce constat. Le vrai enjeu n’est pas d’opposer leaders et institutions, mais de se détacher de l’imaginaire de l’homme providentiel pour s’attacher à l’« institueur » dénué de toute vision messianique et caractérisé par un ethos intrinsèque. À tel point que sortir de cet imaginaire impose un néologisme. Cet ethos impose de penser les institutions comme des structures vivantes et en mouvement.

L’illusion de l’homme providentiel

La série de coups d’État entre 2020 et 2025 révèle que l’équilibre institutionnel tient peu à un seul homme. Sur les 492 tentatives de coup d’État recensées dans le monde depuis 1950 par la base de référence des politistes Powell et Thyne, 220 ont eu lieu en Afrique, soit près de la moitié, pour un continent qui pèse moins de 1/5 de la population mondiale. 45 des 54 États africains ont connu au moins une tentative de putsch ; 37, soit les 2/3 du continent, en ont vu une aboutir. Ces initiatives, répertoriées dans le temps, ont une distribution tendancielle autour des périodes de construction des États indépendants et de la guerre froide. Cette génération de leaders a par ailleurs façonné le champ politique de leur pays à travers les partis uniques et la longévité des règnes. Mobutu Sese Seko (RDC), Houari Boumédiène (Algérie), Moussa Traoré (Mali), Mouammar Khadafi (Libye), Gaafar Nimeiry (Soudan), Mohamed Siad Barre (Somalie), Étienne Eyadéma Gnassingbé (Togo), Jerry Rawlings (Ghana), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), Jean-Bédel Bokassa (Centrafrique), Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie), Omar El-Béchir (Soudan), etc. Ces dirigeants arrivés au moyen de coups d’État présentent la particularité d’avoir eux aussi subi un coup d’État, parfois fatal. Chacun prétend rompre avec le poids de l’histoire mais finit par la subir inexorablement, telle une dépendance au sentier[1].

Origine structurelle et systémique

Les origines de l’échec de la vision personnifiée de l’État en Afrique se trouvent dans sa structure elle-même, dans sa provenance et dans ce que l’on a eu à en faire. L’État postcolonial constitue une adaptation locale d’un système colonial violent et imposé. Claude Aké avance que l’application brutale d’un système colonial étranger qui n’a jamais eu à cœur le développement endogène de l’Afrique constitue le premier écueil pratique. Puisque l’architecture coloniale, la conception de l’État et l’exercice du pouvoir sont issus d’un ordre colonial construit pour contraindre plutôt que servir.

Aussi, sans parler de coup d’État, l’hyper-présidentialisme observé présente des germes de l’instabilité institutionnelle, plus qu’un régime parlementaire où le pouvoir semble diffus. Linz, dans ses travaux sur l’hyper-présidentialisme, soutient que les régimes présidentiels hérités de la colonisation sont davantage en proie aux dérives du fait de la concentration des pouvoirs offrant des marges de manœuvre subversives importantes en temps de crise de légitimité du pouvoir en place. Combien de régimes en sont venus à tripatouiller leur constitution pour servir leur intérêt ? Combien ont fini par désavouer leur promesse de campagne au détriment de considérations politiciennes ?

Origine sociale

D’un point de vue social, la traduction du pouvoir en Afrique post-coloniale fait l’objet d’une hybridation entre l’appropriation d’un modèle bureaucratique importé et des logiques sociales préexistantes. Bayart, à travers son concept de « politique du ventre », explique que cette hybridation de l’exercice du pouvoir se traduit par l’apparition de « rhizome de réseaux personnels » autour du chef, assurant leur centralisation politique par des liens de parenté, de cooptation, d’alliance, d’amitié. Toutefois, il faut noter qu’une telle vision a tendance à essentialiser les Afriques dans une forme d’exercice du pouvoir singulière. Comme le rappelait l’économiste malawite Thandika Mkandawire, l’Afrique n’a pas une essence prédisposée à la personnalisation du pouvoir. Elle a des trajectoires, dont certaines ont précisément échappé à cette logique.

Le pouvoir politique produit aussi, selon Achille Mbembé, des pratiques contribuant à une théâtralisation et à une symbolique de l’exercice du pouvoir, qui assoit sa légitimité. Les représentations qu’elle nourrit chez les populations vont selon les cas dans le sens d’une vision du chef héritée des schèmes traditionnels, royaumes et grands empires précoloniaux. Pour Birama Diop, dans certains potentats africains, la persistance d’un registre magico-religieux dans la légitimation du pouvoir personnel dans le champ politique africain subsiste. Quelques exemples dans ce domaine sont Sékou Touré (l’« oiseau-totem », la réputation d’invulnérabilité), Mobutu (les ossements de cadavres, le bonnet léopard), Houphouët-Boigny (le devin-guérisseur), Eyadéma (l’« Eyadémaïsme » et ses rituels occultes), Bokassa et Denis Sassou Nguesso (les accusations de meurtres rituels à Brazzaville). Si cette dialectique est moins une vision globale d’une psychologie africaine pour notre époque, elle a été une tentative de réactivation d’une forme de métaphysique africaine qui a longtemps influencé le subconscient des Africains[2].

Des exceptions qui n’en font pas la règle

L’honnêteté intellectuelle de cet exercice impose d’étudier les cas où « l’homme providentiel » est érigé en modèle de réussite. Ou en tout cas, en apparence, dans la stabilité et la gouvernance institutionnelle de développement, là où les démocraties pataugent. Ce constat nous permet, à la manière de l’économiste Thandika Mkandawire, de ne pas essentialiser tous ces régimes. Les cas du Rwanda et du Cameroun nous éclairent dans une certaine mesure.

Marie-Emmanuelle Pommerolle montre comment la loyauté constitue un ciment social, servant de base à l’exercice d’un système en place au Cameroun depuis 1982. La menace de cet équilibre social est constamment mise en face de chaque velléité d’opposition politique. Dans ce système verrouillé, le cadre d’analyse hirschmanien soutient qu’un individu a trois options dont la défection (exit, partir), la protestation (voice, contester de l’intérieur) et la loyauté (loyalty, rester et se conformer). La loyauté permet ainsi la longévité d’un pouvoir personnel, ainsi qu’un système transactionnel extensif nourri par les contraintes matérielles, sociales et parfois simplement circonstancielles de ses adhérents. Le prix de la stabilité devient de la loyauté empruntée, susceptible de basculer en lutte de reclassement dès que les conditions changent. Ainsi, la stabilité est en apparence assurée par la longévité de ce régime. Mais jusqu’à quand cela tiendra-t-il, dans un pays où le taux de pauvreté dépasse les 40%, et où la précarité a bondi de 66% depuis le début des années 2000 ? Cette stabilité pourra-t-elle se maintenir après Paul Biya ?

Le cas du Rwanda présente la particularité la plus avancée : un pays loué pour ses avancées dans tous les domaines et même locomotive dans plusieurs politiques sectorielles en Afrique. Le Rwanda mène une diplomatie d’influence à coups de gros moyens : campagne de nation-branding agressive et efficace, politique d’industrialisation citée comme modèle. Du point de vue de la gouvernance, l’indice Mo Ibrahim pour la bonne gouvernance 2024 classe la performance des pays sur les 10 années précédentes (2014-2023). Le Rwanda présente une dégradation tendancielle sur les 5 dernières années de l’exercice, avec un classement au 14e rang sur 54 États et un score de +0,8 sur la décennie. Ce ralentissement ne signifie pas forcément que le Rwanda patauge, mais que sa progression récente en matière de gouvernance connaît une stagnation ou une stabilisation plutôt qu’un recul. La même question pour le Cameroun demeure pour le Rwanda : cette bonne gouvernance survivra-t-elle à une transition post-Kagamé ? C’est tout le mal, en tout cas, que nous souhaitons au Rwanda.

Pour une vision institutionnelle intégrée et partagée

Déblayer le terrain institutionnel

La nécessité de repenser les institutions existantes de façon plus inclusive s’impose. Cet exercice doit se faire tout en tenant compte des résistances susceptibles d’apparaître au cours de cette entreprise de transformation. En effet, toute initiative de transformation institutionnelle, quelle que soit la strate à laquelle elle s’attaque, connaît des résistances de la part des acteurs qui l’entretiennent. Cela ne saurait se faire d’un coup de baguette magique : il s’agirait de lever tout rapport de force qui bloquerait la mise en œuvre des politiques publiques. Parce que ces blocages ne sont pas seulement le fait d’une incompétence ou d’un manque de volonté des dirigeants. Mancur Olson identifie en 1965 dans sa logique de l’action collective que les groupes restreints et institués d’acteurs (une élite au pouvoir, un cercle de rentiers) ont structurellement plus de ressources pour s’organiser et défendre leurs intérêts qu’un groupe d’individus large et diffus. Cela explique d’autre part que l’on ait plus de mal à mobiliser un large groupe d’individus pour une action dont les gains seront minimes qu’un groupe restreint pour qui les gains seront davantage conséquents.

De plus, dans le contexte politique, North, Wallis et Weingast[3] estiment que ces élites ont tendance à limiter délibérément le nombre d’organisations et d’institutions autorisées à exister, justement parce que la prolifération de partis, syndicats, entreprises, médias indépendants diluerait leurs rentes respectives et perspectives. Tout État présenterait plus ou moins cette courbe d’évolution avant qu’une ouverture plus ou moins assumée s’opère. Quand cela arrive, la focale se déplace : une forme d’élargissement de ces rentes couplée à une augmentation des effectifs politiques à travers des emplois politiques[4] de « chargés de mission » ou de « conseillers » s’observe.

En analysant l’action des dirigeants face à ces logiques à l’œuvre, ces derniers, face à la force et à l’influence que posent ces groupes, n’ont d’autre choix que d’actionner une « logique de la survie politique[5] ». Dès lors que chaque décision obéit à une logique de survie politique, le dirigeant opère des choix rationnels pour se maintenir au détriment des institutions. Les dirigeants politiques veillent beaucoup plus à conserver le soutien des coalitions qui les ont portés au pouvoir[6]. Sans mentionner les pratiques telles que l’élimination d’adversaires politiques par des moyens nébuleux : scandale sexuel, emprisonnement, complot, arrestation, condamnation arbitraire, assassinat, etc.[7]

Identification de fondamentaux institutionnels comme moteur d’institutions fortes

Les prix Nobel d’économie 2024, Acemoglu et Robinson soutiennent que de bonnes institutions économiques et politiques doivent être inclusives et réciproques. Ainsi, des droits de propriété garantis, des marchés ouverts, l’accès au crédit ne peuvent perdurer que s’ils sont soutenus par des institutions politiques elles-mêmes suffisamment inclusives à travers un pouvoir politique assez distribué pour empêcher qu’un groupe d’élites ne capture ces bénéfices économiques et ne redirige les institutions économiques à leur propre profit.

À l’indépendance en 1966, le Botswana comptait seulement 22 diplômés universitaires et 11 kilomètres de routes goudronnées, et était entouré de régimes à suprématie blanche sur presque toutes ses frontières. Aujourd’hui, il affiche le revenu par habitant le plus élevé d’Afrique subsaharienne, comparable à celui de la Hongrie ou du Costa Rica. Les conditions de réussite identifiées sont notamment :

  • Une tradition précoloniale de limitation du pouvoir des chefs (kgotla, assemblée délibérative) ayant survécu ;
  • Une centralisation étatique modeste au moment de l’indépendance,
  • La découverte de diamants gérée de manière à s’assurer que la rente minière profite à l’ensemble de la nation plutôt qu’à une élite restreinte,
  • La présence, comme premier président, de Seretse Khama, qui a consolidé et approfondi le mouvement vers des institutions inclusives. Cela apparaît comme un contre-point à la ligne soutenue jusqu’ici, mais encore faut-il remettre en contexte le rôle des « présidents fondateurs » qui fut essentiellement celui de la construction des nations et de leurs institutions. Cela diverge considérablement du rôle de décollage et de développement qui incombe aux chefs d’État de notre temps, et qui suppose de composer avec des logiques tout aussi motrices que parasites qui s’imposent.  Les exemples du Cameroun et du Rwanda mobilisés précédemment participent de cette perspective.
Résidents de Modipane (Botswana) assistant à un kgotla. Photographie de Bernd Reiter, 2023. Licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 (CC BY-SA 4.0).

Le passage d’un système institutionnel à un autre nécessiterait ainsi des conjonctures critiques et des moments de rupture :guerres, crises économiques telles que les crises de financement et de la dette actuelles, décolonisations, révolutions, qui ouvrent des fenêtres d’opportunités où la trajectoire institutionnelle peut basculer dans un sens ou dans l’autre. Il n’y a pas de formule magique à cela, chaque situation, pays étant singulier par rapport à un autre.

Ce que montrent chaque référence mobilisée et d’autres par ailleurs, c’est qu’aucune institution ne tient seule, aucune capacité étatique n’est bonne ou mauvaise en soi, et aucune trajectoire n’est écrite d’avance par la culture ou par la géographie. De ce fait, il est impératif que les visions nourries par la génération actuelle de « jeunes aspirants », femmes et hommes, aient à cœur l’efficacité des institutions. La tâche n’est donc ni d’importer un modèle, ni de convoquer un sauveur, ni même de se réclamer d’un passé précolonial comme caution suffisante. Le travail de reconstruction d’institutions fortes et inclusives commence dès la vision que nous nous donnons de la politique. Ce travail d’« institueurs » à tous les niveaux qui nous incombe, demeure un travail d’architecte qui procèderait d’une sociologie partant de la compréhension de nos habitudes les plus profondes, pour articuler ce qui existe déjà avec ce qui doit l’être. Il ne s’agit pas de faire de la figuration creuse, il s’agit de porter une vision résolument tournée vers la recherche permanente de meilleures alternatives. C’est un métier, patient et peu spectaculaire. C’est celui qu’une génération entière de jeunes Africains doit apprendre au profit du plus grand nombre.

L’Afrique a disposé et dispose des ressources en elle-même afin de penser son projet de renouveau institutionnel. Le kgotla botswanais déjà cité plus haut, la charte du Kurukan Fuga[8] en 1236 (bien avant la magna carta), les traditions segmentaires igbo et dinka, des sociétés précoloniales sans État centralisé mais dotées de dispositifs sophistiqués de distribution du pouvoir.

Sankofa, symbole adinkra, patrimoine traditionnel ghanéen signifiant « Retourner en arrière pour aller de l’avant » . Wikimedia Commons, domaine public. Lien :https://creativecommons.org/licenses/by/3.0

C’est dans cette perspective que Cheikh Anta Diop a mené des travaux incontournables aujourd’hui pour tout « institueur » : il montre la sophistication institutionnelle des systèmes politiques africains précoloniaux face au regard colonial qui la niait. En menant ainsi sesréflexions sur l’architecture institutionnelle panafricaine, il a abouti à un projet fédéral africain sur des domaines tels que l’énergie, l’industrie, la langue, la démographie et les institutions.

Dans ce chantier, la grammaire institutionnelle africaine doit aussi développer de nouveaux instruments de gouvernance afin de s’adapter aux contraintes économiques et géopolitiques. La tension permanente autour des finances publiques, la montée de la dette, les conflits, la baisse des financements, l’inflation généralisée en sont l’origine.

L’économie des politiques publiques et des institutions est de plus en plus caractérisée par des schèmes imposés par les systèmes financiers libéraux et dont les glissements se font ressentir dans nos administrations : aujourd’hui diriger une administration sans maîtriser les mécanismes financiers est une faute stratégique.

Cela vaut tout particulièrement pour l’économie, de plus en plus caractérisée par des schèmes imposés par les systèmes financiers libéraux, et dont les glissements se font ressentir jusque dans nos administrations. Ce glissement passe par des réseaux repérables. C’est ce que Mark Granovetter appelait l’encastrement (embeddedness) de l’action économique se faisant à travers des relations sociales concrètes qui ouvrent ou ferment l’accès au crédit et à l’information. Les mêmes cadres passent des ministères des Finances aux institutions de Bretton Woods puis aux cabinets de conseil, et reviennent. La finance mixte et les consortiums public-privé qui financent aujourd’hui nos administrations reposent moins sur une évaluation froide du risque (au bon niveau) que sur des relations de confiance répétées entre un nombre restreint d’acteurs. Réformer nos institutions sans comprendre ces réseaux, ni les mécanismes financiers qu’ils font circuler, est aujourd’hui une faute stratégique.

En définitive, nous pouvons établir que le métier d’ « institueur » requiert une fine analyse des peuples pour qui il prétend agir, toute initiative se doit de faire société, de faire Afrique.


[1] Une fois qu’une société s’engage sur une trajectoire institutionnelle donnée, même par un choix initial largement contingent, voire arbitraire, le coût de rebrousser chemin augmente avec le temps, au point de rendre cette trajectoire de plus en plus difficile à inverser.

[2] Birama Diop s’appuie notamment sur les travaux de Max Weber (le charisme comme forme de domination), Gustave Le Bon (la psychologie des foules) et de l’anthropologue africaniste Georges Balandier (la sorcellerie comme mécanisme de renforcement des puissants) pour donner une assise théorique à cette lecture.

[3] Douglass North, John Wallis & Barry Weingast, Violence and Social Orders (Cambridge University Press, 2009)

[4] Nicolas van de Walle, « Presidentialism and Clientelism in Africa’s Emerging Party Systems », Journal of Modern African Studies, 2003 ; et African Economies and the Politics of Permanent Crisis, 1979-1999 (Cambridge University Press, 2001)

[5] Bruce Bueno de Mesquita, Alastair Smith, Randolph Siverson & James Morrow, The Logic of Political Survival (MIT Press, 2003)

[6] Bruce Bueno de Mesquita, Alastair Smith, Randolph Siverson & James Morrow, The Logic of Political Survival (MIT Press, 2003)

[7] Svolik, M. W. (2012). The Politics of Authoritarian Rule. Cambridge University Press. Geddes, B., Wright, J., & Frantz, E. (2018). How Dictatorships Work. Cambridge University Press

[8] Charte du Mandé sous Soundjata Keïta, organisant la coexistence entre clans, les règles de succession, l’encadrement du pouvoir royal. Inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2009. Un texte constitutionnel africain antérieur à la Magna Carta.


Sylvestre Bakhoum (responsable du comité politique & institutionnel du Cercle Sematawy)


Sources utilisées :

  1. Acemoglu, Daron, and James A. Robinson. Why Nations Fail: The Origins of Power, Prosperity, and Poverty. Crown Business, 2012.
  2. Acton, John Emerich Edward Dalberg-Acton, 1er Baron. Letter to Mandell Creighton. 5 avril 1887.
  3. Ake, Claude. Democracy and Development in Africa. Brookings Institution Press, 1996.
  4. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique: La politique du ventre. Fayard, 1989.
  5. Bueno de Mesquita, Bruce, et al. The Logic of Political Survival. MIT Press, 2003.
  6. Diop, Birama. « La figure du roi entre aura et charisme: vers une clé de compréhension du mystère de la légitimation du pouvoir politique africain. » Revue Congolaise des Sciences Humaines et Sociales, 2025, doi:10.59189/crsh09252025.
  7. Diop, Cheikh Anta. L’Afrique noire précoloniale: Étude comparée des systèmes politiques et sociaux de l’Europe et de l’Afrique noire, de l’Antiquité à la formation des États modernes. Présence Africaine, 1960.
  8. Diop, Cheikh Anta. Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire. Présence Africaine, 1960.
  9. Geddes, Barbara, Joseph Wright, and Erica Frantz. How Dictatorships Work: Power, Personalization, and Collapse. Cambridge UP, 2018.
  10. Granovetter, Mark. “Economic Action and Social Structure: The Problem of Embeddedness.” American Journal of Sociology, vol. 91, no. 3, 1985, pp. 481-510.
  11. Hirschman, Albert O. Exit, Voice, and Loyalty: Responses to Decline in Firms, Organizations, and States. Harvard UP, 1970.
  12. Linz, Juan J. « The Perils of Presidentialism. » Journal of Democracy, vol. 1, no. 1, 1990, pp. 51-69.
  13. Mbembe, Achille. De la postcolonie: Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine. Karthala, 2000.
  14. Mkandawire, Thandika. « Neopatrimonialism and the Political Economy of Economic Performance in Africa: Critical Reflections. » World Politics, vol. 67, no. 3, 2015, pp. 563-612.
  15. Mo Ibrahim Foundation. Indice Ibrahim 2024 de la gouvernance en Afrique: Principales conclusions. Fondation Mo Ibrahim, oct. 2024.
  16. North, Douglass C., John Joseph Wallis, and Barry R. Weingast. Violence and Social Orders: A Conceptual Framework for Interpreting Recorded Human History. Cambridge UP, 2009.
  17. Obama, Barack. « Remarks by the President to the Ghanaian Parliament. » The White House: President Barack Obama, Accra, 11 July 2009.
  18. Olson, Mancur. The Logic of Collective Action: Public Goods and the Theory of Groups. Harvard UP, 1965.
  19. Pierson, Paul. Increasing Returns, Path Dependence, and the Study of Politics. The American Political Science Review, 94(2), 251–267, 2000.
  20. Pommerolle, Marie-Emmanuelle. De la loyauté au Cameroun: Essai sur un ordre politique et ses crises. Karthala, 2024.
  21. Powell, Jonathan M., and Clayton L. Thyne. « Global Instances of Coups from 1950 to 2010: A New Dataset. » Journal of Peace Research, vol. 48, no. 2, 2011, pp. 249-59.
  22. Svolik, Milan W. The Politics of Authoritarian Rule. Cambridge UP, 2012.
  23. Van de Walle, Nicolas. African Economies and the Politics of Permanent Crisis, 1979-1999. Cambridge UP, 2001.
  24. Van de Walle, Nicolas. « Presidentialism and Clientelism in Africa’s Emerging Party Systems. » The Journal of Modern African Studies, vol. 41, no. 2, 2003, pp. 297-321.

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